Les corbeaux de légende

Je les entends japper la chanson bien tendre
Du pourquoi déjà pris, moissonné en sa fleur,
Et le ricanement niais des enfants de la cendre
Quand de leur mère ravie je ravissais la fleur.
Ah, je sais qu’ils sont là les corbeaux de légende,
Les pantins de ma gloire se nourrissant d’un même
Coup de bec minuscule, qui déjà les étrangle
Dans le lourd paysage de faire sa vie en paix.

Je les suivrai encore de mon ombre de fraîcheur,
Distillant en leur âme mon souvenir mauvais.
Et puis que j’ai trop chaud et puis que ça fait peur,
On ne se découvre pas avant le mois de mai.
Ah, ils me font envie mes frères de misère,
Quand ils noient leur destin dans quelques certitudes
Erigées en principe, dirigées au cimetière,
Pour des fleurs en plastique qui rappelleraient le Sud.

Ah, je les sens vainqueurs d’une fille un peu niaise.
Le jour du mariage, sanglotant en leur cœur,
Et le cureton piailleur de mystérieuses fadaises
Liant l’amour à la mort sous un ciel vengeur…
Alors, que viennent à moi mes trésors de guerre,
Mes femmes et puis mon or et mes moments perdus,
Quand au creux du dédain je vous laisse en jachère
Abandonnant en vous mes restes de vaincu !

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