Chroniques du rétablissement instable d’une existence passionnée (extraits, 2007)

(Extraits publiés dans la revue Souffles n°223 – mai 2008)

L’ange noir d’un désir non proclamé regardait l’ange dépravé avec tristesse.

« Est-ce donc cela ? Je n’ai rien à maudire et je bénis les siècles d’avoir ramené l’enfer à vous. Pauvres bêtes qui croassez machinalement vers des voies sans issue.»

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N’oublions jamais que notre ombre se nourrit de lumière.

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Les gestes resplendissent sous le calme lunaire.
Nous voulions des amantes et des chiens fidèles.
Crapaud, coasse du gémissement de ton prince en attente, la princesse s’abandonne enfin.
Et nous sommes aveu et honte à la fois.

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L’homme brisé sait la nature des chaînes qu’il vient de rompre – la nature (mais non l’espèce) de l’animal mort en amont. Il sait qu’un jour il devra boire. Nul homme ne peut résister mille ans sans boire. L’homme brisé a perdu sa lueur. Alors, que lui importe?

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Dénigrant une matrice je m’amusais d’une nuit ordonnant ses étoiles… Un vieux fou lit l’avenir dans le ciel gribouillage, et l’enfant voit son doigt se tendre vers ce mirage ; c’est la voix qui le berce et il préfère encore les nuages.

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L’homme brisé ne faisait rien, il ressentait son enveloppe charnelle comme quelque chose de souple et informe. Enfin, informe. Pas si loin, seulement.

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Balcon, début de soirée. Rétine transformée en dentelle très fine aux motifs hindous ; sons lointains et couleurs saturées.
Bon, admettons que je veuille bien rester perché.

Est-ce que tu m’as connu lorsque j’étais une femme ? La femme douce, sublime.
Et il s’inquiète de ce que le bas blesse en résilles effrontées pour son esprit malade.

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