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RADIO POLI-SONS, Zic d’ici, rock de là, spéciale Julien Fortier, février 2012

En fait, la poésie investie le personnage de Julien Fortier par chaque pore de sa peau, il la respire, la digère et nous la restitue de sa profonde voix grave, abyssale, aussi, émanant de telles profondeurs cette poésie peut paraitre parfois sombre. Elle ne l’est pas ! Écoutez et réécoutez, vous y trouverez humour, joie, vie… et talent !

LA MAIN MILLENAIRE, n°1, automne 2011

Chloé, Julien Fortier

CD en main, observons la pochette : tableau abstrait ou cliché à la Brassaï, période graffitis, gros plan sur coulures, aspérités, griffures enchevêtrées indiscernables d’un mur ou présumé tel. Et, à demi estompé, entre pérennité et effacement, Chloé, le prénom qui donne son titre à l’opus et son graphisme à la tonalité de la création musicale entre le dit et le suggéré.

CD écouté et réécouté, osons le jeu des réminiscences qui peut-être flattera l’égo de l’artiste puisque la parentèle à laquelle on se réfère est prestigieuse (on pense ici à Ferré, Guidoni, Lavilliers et surtout à Gainsbourg, à Baschung) mais qui risquerait de l’horripiler si le constat de valeur s’arrêtait à l’apparentement sans invention.

Ce qui n’est pas le cas. Car l’auteur-compositeur possède « une patte », un monde bien à lui. Pour preuve  sa version du « bistrot » de Georges Brassens qu’il revisite et remodèle. Finie la mélodie scandée sur des accords de guitare, les mots remis à plat deviennent chronique populaire,  la chanson réorchestrée s’affiche en symphonie grinçante du quotidien.

Alors, laissons-nous capter par la force de l’atmosphère personnelle, l’univers de mélancolie, de blessures, d’espoirs rehaussés d’ironie. Imprégnons-nous de la parfaite osmose entre le texte – un « trop plein où la parole est un cri et ce cri sa forme poétique » -, la musique et l’engagement des musiciens, la force des arrangements, les ruptures de rythme et la présence de la voix. Une voix profonde qui descend dans l’extrême des graves en un parlé-chanté viscéral qui fouille les recoins du corps pour déceler l’indicible du « je », un jeu de voilé-dévoilé qui masque puis démasque le mystère écorché de Julien Fortier.

André Morel

ZICAZINE, mai 2011

Il arrive de Montpellier avec sa voix si caractéristique et ses chansons dans lesquelles transpirent naturellement le rock, le jazz et le blues et c’est bien décidé à ajouter une corde supplémentaire à son arc que Julien Fortier, après sept ans de scène et deux albums avec le groupe Aménie, s’offre un ouvrage beaucoup plus personnel dans lequel il compile quelques-uns de ses textes mais où il s’offre également une reprise de Brassens et une création toute personnelle inspirée d’un vieux tube de la chanson française. Rejoint par nombre d’instrumentistes apportant claviers et programmations mais aussi parfois des cuivres ou des cordes, le chanteur et guitariste se laisse de temps en temps aller à attraper l’harmonica pour enjoliver encore un peu plus « Chloé », un recueil accouché dans un mélange d’urgence et de souffrance toute relative qui à l’arrivée se révèle aussi surprenant que réussi grâce à des pièces comme « Les idées sombres » ou « Les retrouvailles » que viennent compléter  « Le bistrot » proposé dans une relecture totalement empreinte de théâtralité ou encore le très surprenant « Shopping » qui n’en finira bientôt plus de surprendre le grand public par ses emprunts inopinés mais conscients à « La plus belle pour aller danser ». Il fallait oser le faire, mais c’est si bien fait que l’on ne peut que se laisser aller à applaudir des deux mains !

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